Feràmia


Chimère musicale semi-domestiquée

Super Nouvel Album!

"Lo Drac pòt èsser tanben un concèrt": album enregistré par Victor Pezet du Studio du Frigo pendant l'été 2018.

 

En guise de manifeste

« Feràmia », « bête sauvage » en languedocien, mais le terme a ici une connotation mythologique, fantastique. Le mot Feràmia fait ainsi référence à ces créatures que les fantasmes des hommes ont amenées à la vie au cours des âges. Plus qu’une identité, encore en construction, c’est une ambition que porte ce nom. L’ambition de retravailler la littérature occitane, la langue, son bestiaire, bref, son univers, à travers une musique vivace et multiple … Cependant, ici nulle « fossilisation » nostalgique des racines perdues, Feràmia n’entend pas reconstituer un enième musée, visant à défendre une « culture », ou un « patrimoine », qui se substituerait à la mémoire des hommes. Le but est plutôt de s’introduire nuitamment dans ces musées, d’en briser les vitrines, de voler tout ce qu’elles contiennent, de les emporter dans une île, et, fidèles aux enseignements du docteur Monroe, de les reconstruire, de les hybrider, de leur insuffler de la vie et de la sauvagerie, pour créer de nouvelles « Feràmias », de nouvelles créatures fantastiques.

La musique portée par Feràmia se veut elle aussi pilleuse de tombes. L’auditeur n’entendra pas ici de musique traditionnelle occitane, et il sera certainement surpris par le décalage entre le contenu des textes, par exemple des poèmes occitans du début du XXème, et le langage musical utilisé dans l’interprétation. Car il en ressort quelque chose qui s’apparente plus à Frankenstein qu’à la récitation de poème avec accompagnement musical. Et c’est tant mieux : Feràmia voudrait échapper à une tendance actuelle de l’industrie culturelle, qui nous abreuve de titres dont on connait tout avant même de les avoir écoutés parce qu’ils répliquent inlassablement des recettes, des façons de faire, dont notre oreille est familière. Feràmia n’est ni du « pop-rock », ni du « jazz métissé », ni de « l’electro-lounge-world-tendance Haïti » ou que sais-je encore, ce n’est pas non plus de la musique « fusion ». Leur musique, ils la voudraient louvoyante, surprenante, inconfortable puis sereine, entrainante puis déstructurée. Ici et là, on pourra donc reconnaître l’influence de la musique ethiopienne, la puissance des instrus dub, des refrains aguicheurs, des rythmiques électro, ou encore l’influence de grands noms jazz américain, et on pourra même assister à une conférence de volatiles.

C’est donc la prosodie de la langue, et l’univers mental qu’elle porte qui intéresse Feràmia, et musicalement, tout ce qui leur passe sous la main. Ainsi dans le premier album, (Lo drac pòt èsser tanben una soca), à côté de poèmes du début du 20ème siècle (Robert Lafont, Léon Cordes ...) figurent 3 textes originaux, qui s’inspirent de l’imaginaire occitan. Pour Feràmia, c’est un langage qui peut servir à exprimer tout autant ce qui a été que ce qui va être. La pastourelle, la bergère de « Quora vendrà », peut être une véritable bergère, mais aussi une anarchiste végano-maniaque, une caissière au poignet meurtri, une geek surmenée, une actionnaire qui scrute anxieusement les présages de la bourse, ou même ta mère. A l’auditeur d’en décider.

La formation actuelle

Pour concrétiser l’ambition portée par ce premier album, Feràmia décide en 2016 de devenir un groupe entièrement acoustique, plus à même de porter une musique malléable, mouvante et ouverte à l’improvisation. Il fut ainsi décidé de ne pas intégrer d’instrumentiste dédié à l’harmonie (piano, guitare, etc …), encourageant ainsi à explorer d’autres chemins musicaux par le biais d’une formation atypique.

C’est au sein de la jeune scène Toulousaine que nait la formation actuelle. Les trois musiciens qui complètent alors le groupe se sont formés entre autre dans les conservatoires et les écoles de la région, (l’Agostini, conservatoire de Tarbes et de Toulouse, licence de musicologie …). Ancré dans le groove, le batteur Simon Flouret est aussi sensible au mode de jeu latin et toujours prêt à partir en house. Il évolue au sein de diverses formations (Phil Good …). Le bassiste Aurelio Espinoza allie des influences groove et électro à une pratique des musiques d’Amérique latine, notamment avec le groupe Lengua nativa (Jazz afro-péruvien). Le trompettiste Ludovic Schmidt se produit quant à lui dans différents projets allant du groove-hip hop (You get sextape) au free (La baraque à free).

La variété de leurs influences et de leurs projets offre un cadre particulièrement propice au défrichage de nouveaux territoires sonores et au métissage que recherche Feràmia.

Le groupe commence alors à se produire sur scène, principalement dans le Tarn (la distillerie des arts …) et la région Toulousaine (TGS au parc des expositions, divers café-concert, Ostal d’Occitanie …). Lors de ses concerts, Feràmia entend proposer à ses auditeurs des moments contrastés, entre refrains entraînants et improvisation individuelle ou collective, entre délicatesse et énergie quasi-punk. Le groupe cherche ainsi à susciter surprise, ambiguïté et étonnement, en allant autant que possible là où on ne l’attend pas.

Feràmia effectue la première session studio avec la formation actuelle en septembre 2017, toujours au Studio du Frigo. Une série de vidéo-clips réalisés par Léon Lenclos (compagnie NoKill, à Graulhet) sont aujourd’hui en cours de parution.